Une nuit au casino, une virée sur la côte, un hôtel où on a envie de sortir le grand jeu. Le tapis est moelleux, les néons sont roses, et vous êtes à deux doigts de vous fiancer (ou de tout envoyer balader). Éclats de rire, cocktails bien shakés, scènes improvisées : c’est la dernière Palme d’or, et elle vous va bien.
Ici, on vit à la bougie. Tout est feutré, baroque, d’un raffinement trop parfait pour durer. Vous êtes Claudia Cardinale, ou Burt Lancaster – au choix – en pleine valse dans une villa provençale digne des plus belles heures de la noblesse décadente. Le dîner se termine tard, les draps sentent la fleur d’oranger. La fin d’un monde, en très grand confort.
Ici, les chambres sont prêtes pour un interrogatoire à la Vincent Vega, les burgers sont servis comme dans un diner de L.A. et la lumière au néon rappelle les scènes les plus cultes de Tarantino. Vous enchaînez les cocktails façon Milkshake, vous débriefez les grandes théories de la vie à table, puis vous remontez dans l’ascenseur comme dans un plan-séquence. Ici tout peut arriver, sauf l’ennui.
Un hôtel perché sur la Méditerranée, un rooftop à flanc de mer, des yachts en contre-plongée : le décor est planté. Au programme : spa sur la mer, champagne au bord de la piscine, flirt flou dans les couleurs, et coucher de soleil - le tout pour se prendre pour une héritière désabusée.
On traverse le lobby comme un travelling lent, les embruns dans les cheveux, les silences pleins de sous-entendus. Ici, tout est pastel et nostalgie. Entre deux soins au spa, on s’enlace dans les draps blancs ou on regarde la mer à travers la baie vitrée. Chabadabada, version iodée.
Un chalet perché sur les hauteurs, la neige comme seule complice, le silence du spa avant le verdict. Vous êtes Sandra Hüller, regard fuyant et pensées troubles, plongé·e dans une suite au bois feutré. On s’enfonce dans les coussins, le corps encore engourdi par le massage. La chute est belle.